avril 27, 2009

A lire

Absolument.

C’est .

avril 26, 2009

Rentrez dans vos tentes, Athènes!

Disraëli me pardonne.

Juste une petite note en passant, le contenu est à développer.

Que la gauche et les facho-antiracistes appellent de leurs voeux le droit de vote pour les non-citoyens est une aberration au point de vue logique. La citoyenneté est par essence discriminante, puisqu’elle établit une différenciation entre des personnes qui jouissent de droits civils, civiques et politiques – les citoyens d’un Etat, nommément – et les autres.

Que les étrangers (au sens de non-citoyens) votent, cela signifie l’abolition pure et simple de la notion de citoyenneté, inventée à Athènes il y a plus de vingt siècles.

Ite, missa est.

 

ICI pour la définition du Littré du mot “citoyen”.

avril 23, 2009

La responsabilité

Ces derniers jours, les Forces du Bien se sont déchaînées.

Une vidéo d’aggression ultraviolente, tournée par les dispositifs de surveillance d’un bus de nuit il y a quelques mois, a relancé le débat - je note au passage que nous vivons dans une société de l’éternelle discussion où l’on cause de tout sans avoir, la plupart du temps, la moindre compétence sur le sujet qu’on prétend analyser – sur la sécurité dans les transports en commun.

Parallèlement à cela, la victime du lynchage s’émeut de ce que le film ait été récupéré par des fascistes de mon acabit criant haro et dénonçant l’énième attaque antifrançaise. Passons sur le fait que le bonhomme, lâche au possible et qui est entre autres choses un de mes cons-disciples, mériterait pour son masochisme d’avoir été battu jusqu’à ce que coma s’ensuive. Concentrons-nous plutôt sur le suc de la question, laquelle s’articule à mon sens en deux temps :

C’est un policier qui a publié l’enregistrement incriminé pour montrer à ses amis et concitoyens les conditions de travail des forces de l’odre en France aujourd’hui. Dostoïevski disait que c’est en observant la population carcérale d’une nation qu’on prend acte de son niveau civilisationnel. Force est de constater que le nôtre est tombé assez bas. Au-delà de ça, il faut remarquer deux choses. Je vous accorde que le policier n’était pas dans son droit lorsqu’il a choisi de rendre publique une pièce utilisée par la justice ; cependant je crois que s’il avait publié la vidéo après que l’affaire ait été jugée la réaction eût été la même, c’est-à-dire l’accusation du messager, de celui qui essaie de se faire porteur de vérité en se moquant du politiquement correct. C’est un schéma qui ne date pas d’hier : dans la Grèce antique déjà on tuait les porteurs de mauvaises nouvelles. En fait, dans notre système politique, il ne faut surtout pas dire le vrai ni faire partie des justes sous peine d’être immédiatement mis au ban, voire d’être sanctionné. C’est en vertu de ce principe duquel on pourrait tirer un théorème que la droite nationale est stigmatisée depuis plus de trente ans lorsqu’elle dénonce les méfaits de l’immigration extra-européenne de masse. Tout va mal en somme, mais il ne faut surtout pas le dire, il faut se bercer dans l’illusion d’un monde pacifié. C’est, je le crois, la prérogative des émasculés de gauche de vouloir maquiller la réalité plutôt que de l’affronter.

Remarquons ensuite qu’en tergiversant ainsi sur l’hypothétique faute – et même, horreur, sur l’hypothétique racisme – du pauvre membre de la maréchaussée on oublie l’aspect réel de cette histoire: la responsabilité. En effet, dans un Etat de droit, ni une ni deux les zoulous qui ont perpétré cette odieuse attaque se seraient retrouvés devant un tribunal – qui rappelons-le rend la justice et dit le droit au nom du Peuple français ! -, auraient été jugés et conséquemment condamnés. Mais pas chez nous, pas en Absurdistan français. Car voyez-vous, les zoulous en question ont des circonstances atténuantes telles que même l’aggressé ne trouve rien de mieux à faire que de les absoudre, voire de dire que les vraies victimes, ce sont les bourreaux. Le syndrôme de Stockholm dans toute sa splendeur : évidemment ces pauvres jeunes sont allogènes, évidemment les méchants FDS racistes les discriminent, évidemment ils ont grandi dans un “milieu social défavorisé” (copyright G. Orwell, racheté par la Halde), évidemment ils sont innocents. Et puis finalement, le passage à tabac n’était pas si grave, non? Si même le machiniste n’a pratiquement pas bronché (“Arrêtez, c’est bon”, disait-il comme s’il s’adressait à trois petits angelots en train de se disputer le dernier petit beurre du goûter).

Dans un Etat de droit, disais-je, on eût fermement condamné le geste de ces moules à gaufres, ils eussent été placés dans quelques centre de ré-éducation puis peut-être, et j’insiste sur le peut-être, auraient-ils pu mener une vie normale et honnête.

En condamnant les mauvaises personnes, en se flagellant continuellement, en incitant à la lâcheté et en préférant le non-dit à l’éclat un peu douloureux de la vérité, la France a choisi son camp : celui d’Etat où la tolérance est érigée en divinité païenne à idolâtrer, où le Bien et le Mal n’existent pas car par essence discriminants.

L’odieuse vidéo est visible en cherchant bien sur le net. Je vous conseille de passer par chez François pour une analyse un peu plus poussée des faits.

avril 23, 2009

à lire

C’est .

Ca vaut son pesant de cacahuètes, vraiment ; d’ailleurs tout ce que fait le CGB est absolument fantastique.

mars 24, 2009

Divers

Après réflexion, je n’écrirai rien sur l’occupation puis la fermeture inopinées de Sciences Po. Je n’écrirai pas sur le fameux “nous ne voulons pas de la méritocratie républicaine” inscrit sur le tract de SUD-étudiants. Je n’écrirai pas sur le vide des idées, pour une fois.

Je n’ai pas très envie d’écrire, là. A l’heure où les festifs-citoyens-postsoixantehuitards-baiseurs-invertis-issus-des-minorités prennent le pas; à l’heure où le monde bien-pensant tout entier s’indigne de ce que notre pauvre Pontife soit un monstre sanguinaire; à l’heure où le monde ne tourne plus rond – je ne trouve pas d’énergie. J’ai presque envie d’arrêter de militer.

J’ai la nausée. Peut-être devrais-je me priver, un temps, de ma dose quotidienne de réalité chez François, Charles et les autres.

La modernité est fichtrement dangereuse, somme toute, parce qu’elle submerge d’absurde à un tel point qu’il est nécessairement un moment où l’on se sent désespéré, largué, tellement hors de tout qu’on finit par se demander si ce n’est pas nous qui sommes timbrés.

Bref. L’été finira bien par pointer le bout de son nez, de même que le moment où je me résoudrai à quitter cette France jadis jolie qu’ils ont transformée en bordel à ciel ouvert. Pour des contrées plus amènes et vierges de toute corruption idéologique venue d’occident.

Ou peut-être la Révolution tant attendue pointera-t-elle le bout de son nez.

Si oui, j’y prendrai part.

mars 17, 2009

Des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des petits trous… Du cul!

Ce soir, blitzkrieg dans les locaux de ma fac. Pardon, de ma “Grande Ecole”.

Un cours a été interrompu, une banderole pendue aux fenêtres du 1er étage. La police rapplique et en moins de deux, le bâtiment est bloqué.

Oh, pas grand chose, une heure ou deux. Mais les intentions belliqueuses sont claires; il est insupportable pour les défenseurs de l’égalité à tout prix que des étudiants aient librement choisi de ne pas rejoindre massivement le très légitime mouvement de contestation du supérieur.

Petite perle tirée du tract: “nous ne voulons pas de la méritocratie républicaine”.

Il y aurait de quoi rire, si cela ne donnait pas envie de pleurer.

J’y renviendrai dans un post ultérieur, c’est promis.a7e90cbe7307afa82af1f23118150da1

mars 14, 2009

Non, il n’y a pas que des crétins à l’EHESS

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Je suis un universitaire. Mais pas un obscur doctorant en Lettres et encore moins un thésard prétentieux qui pourtant fait une faute tous les trois mots.

Je suis un étudiant tout simple.

Mon statut d’étudiant tout simple ne faisant pas partie de la catégorie désormais majotitaire des incroyants m’a poussé à participer à une conférence-débat qui s’est tenue jeudi dernier dans la fac d’un de mes amis, l’Institut Catholique de Paris, l’un des endroits les plus prestigieux au monde pour l’enseignement de la Théologie avec Louvain.

Thème de la “rencontre”: Démocratie et Religions. Tout un programme.

Sachant que je ne suis pas vraiment un démocrate j’ai craint que les deux heures à venir ne fussent d’un ennui mortel.

En fait, pas du tout. Le conférencier était Marcel Gauchet, directeur d’études à l’EHESS. Gauchet ne possède aucun des titres de l’intellectuel français patenté: il n’est pas passé pas Sciences Po, il n’est pas docteur, ni agrégé, ni normalien. Bref, un type qui est arrivé à la gloire académique seulement à la force de son brillant esprit et d’une formulation pour le moins intéressante des choses. je vous conseille assez vivement ses livres, en particulier La démocratie contre elle-même.

Cette introduction n’est qu’un prétexte pour parler de la famille dans la société occidentale “moderne”.

Selon Gauchet la société traditionnelle  était organisée en réponse à quatre principes fondamentaux, parmi lesquels le principe de hiérarchie qui nous intéresse particulièrement. La hiérarchie est une hiérarchie sociale, en ce que chacun possède une place et une fonction dans la communauté, laquelle intègre sans aucun problème les rapports supérieur/inférieur, puisque la vie humaine n’est qu’un long moment d’adoration et de soumission à la supériorité divine. On se soumet à Dieu et aux hommes que la Providence a placés au-dessus de nous. C’est ainsi, et c’est très bien.

La famille aussi est structurée selon le principe de hiérarchie: les aînés dominent les cadets et les hommes dominent les femmes. Or, la famille elle-même est un des éléments porteurs de la société; un équilibre s’établit.

Qui plus est le principe de hiérarchie porte en lui l’idée d’autorité naturelle  (ou transcendante dans le cas de l’autorité divine). La société moderne invalide, annule l’autorité en détruisant les hiérarchies au profit de l’égalité, principe fallacieux et surtout mal compris par les occidentaux post-révolutionnaires. L’ordre naturel des choses en est subverti et par conséquent la famille, par excellence lieu de la reproduction des modèles sociaux, éclate.

La communauté des hommes n’en est plus une. Nous sommes devenus une somme d’individus auxquels tout est permis. Il faut jouir sans entrave, il faut s’affirmer, renier les schémas qui ont porté la civilisation occidentale durant deux millénaires. Il faut s’affranchir de tout semblant d’ordre social. C’est ainsi que les couples homosexuels ont logiquement un droit à la reconnaissance, un droit à l’adoption: nous sommes tous égaux. Devant qui, devant quoi, ça reste à déterminer. Tous égaux devant le néant civilisationnel du XXIe siècle.

Je m’interroge sur la responsabilité du Christianisme dans le processus absolument impropre de sacralisation de l’individu moderne. La Vie est sacrée, d’accord – mais cette sacralité a conduit par abus de langage à la divinisation de l’individu et de ses envies/besoins/caprices. La sacralité individuelle à mon sens est caduque et n’existe que pour certains sombres crétins type-BHL.

Le fin du respect du principe de hiérarchie vient selon Gauchet de la Sortie de religion, c’est-à-dire la fin de la religiosité en tant que phénomène sociologique. La transmission et la pratique des valeurs chrétiennes se faisait par habitude ou par conformisme dans la société traditionnelle. La Sortie de religion nullifie le besoin de passer le témoin aux générations successives. Gauchet ne s’en inquiète pas et assène que ceux qui restent croyants et pratiquent sont ceux qui ont toujours été de vrais fidèles possédant la Foi. Les autres – ceux qui sont sortis de le religion – n’ont de toute façon jamais cru en rien et ne faisaient que se conformer aux usages sociaux.

Il n’empêche que cela servait de colle à la communauté. Ne parlons pas de l’immigration extra-européenne qui a bouleversé les équilibres.

Quant à moi, je m’interroge sur la place de Vatican II dans ce processus. L’invalidation du dogme de la Royauté sociale du Christ me paraît notamment avoir accéleré la fin de la religiosité sociologique qui a été le propre de l’Occident pendant des siècles.

mars 13, 2009

O tempora, o mores!

 

Je suis nul pour les titres, je sais.

De toute façon ce n’est pas un vrai article que celui-ci. Je viens de tomber tout à fait par hasard sur des vidéos expliquant le “choix” de Martine Aubry de créer des plages horaires spécialement réservées au femmes musulmanes à la piscine de Lille-Sud.

 

S’imposent trois constats:

A. Aubry prétend avoir édicté l’ordonnance pour que les femmes musulmanes puissent s’émanciper en discutant dans l’enceinte de la piscine communale. Passons sur le fait qu’une infrastructure sportive (payée par le contribuable) n’est pas le café ni le gynécée de la Grande Mosquée et n’a donc pas vocation à être lieu de discussion. Passons, disais-je, sur la rhétorique débilo-socialo-IUFMarde de l’espace de socialisation. Dire qu’on accepte la ségrégation – si quelqu’un possède une meilleure définition, qu’il me la donne – des femmes pour mieux en garantir l’émancipation, c’est quand même le sommet du non-sens, l’anéantissement de la logique.

B. Aubry et les femmes socialistes (pas toutes, encore heureux, mais on n’entend parler que de l’oie et de la dinde) se réclament d’un certain féminisme. Merveilleux! Si elles ont des problèmes de frustration sexuelle latents (ou même patents, parfois) ça les regarde. Personnellement, je m’en tape. Mais qu’elles conservent un minimum de cohérence: si on défend l’idée que la femme est en tous points égale à l’homme, alors on ne saurait accepter, au nom d’une certaine forme de mollesse culturelle, je dirais presque de condescendence, on ne saurait accepter (il est tard, pardonnez la syntaxe brouillonne) que l’homme prévale sur la femme

a. en lui dictant sa conduite (tu ne te montreras pas aux autres hommes, par définition porcs lubriques - ce qui en soi est un élément d’autoaccusation et révèle la superficialité de l’Islam “des banlieues”) 

et

b. en lui interdisant précisément de faire certaines choses que les hommes, eux, peuvent faire tranquillement (e.g. aller à la piscine reluquer les minettes).

C’est absolument contradictoire avec la position pseudoféministe qu’Aubry prétend adopter. Qui plus est, remarquez que si jamais un traditionaliste Catholique ose ne serait-ce qu’avancer la thèse que la femme doit aller à la messe en jupe longue et non en pantalon, il sera immédiatement qualifié de rétrograde, réactionnaire voire même fachich’, monstre machiste, néanderthalien et autres aménités.

C. Enfin sans vouloir sembler naïf je me pose la question de plus en plus souvent ces derniers temps: ces gens-là (indifférenciation = mépris, je ne suis pas subtil ce soir) ont-ils seulement conscience du travail de sape qu’ils sont en train d’effectuer pour le compte de quelques crétins qui n’ont absolument rien compris à leur propre forme de spiritualité? L’Occident a mis grosso modo vingt-cinq siècles à se construire. Et une idiote se permet de cracher à la figure de tous ceux – y compris les républicains qui sont censés peser d’un poids certain dans son héritage prétendument socialiste - qui ont sué et saigné pour permettre à nos mères, soeurs et filles de vivre dans une société mixte?

Le républicanisme que les socialistes idolâtrent  avec tout son bagage d’universel mal digéré ne signifie-t-il pas aussi laïcité (quelle blague)? Quel est le prochain pas? Rétablir l’enseignement séparé? Promouvoir le port universel du voile pour favoriser l’intégration des allogènes voilées (si tout le monde le portait, il n’existerait plus de problème! Non? Les socialos sont bien capables de nous pondre quelque chose de cet acabit).

Bref. Un peu confus tout ça mais le coeur y est. Laissons ces gens-là se prendre les pieds dans le tapis (oriental) de leurs propres contradictions. Le vrai problème pour les gens de bien étant que la modernité a tué le sens des mots.

Prions pour le Salut de la France.

mars 12, 2009

En attendant Godot

Je vous promets un post demain ou samedi. Aujourd’hui, conférence assez intéressante à l’Institut Catholique de Paris.
Il sera question de tout plein de sujets qui fâchent (les autres).

mars 9, 2009

Casapound, Adinolfi & co.

casapoundComme promis, une recension de la conférence qui s’est tenue – coïncidence assez cocasse – pas loin de la rue de la Convention, à Paris. Il m’a été donné d’y assister.

Pensées corsaires est le nom du dernier livre de Gabriele Adinolfi, 1er maître de conférence. Le but avoué de la rencontre était aussi d’en faire la promotion.

Mais qui donc est Gabriele? Je pense que tout un chacun – du moins parmi les lecteurs qui ne sont généralement pas là par hasard – possède des éléments d’Histoire italienne suffisants pour savoir que les années 70 et 80 ont été marquées par la violence et les “stragi”, les massacres causés par les attaques terroristes aveugles des groupes d’extrême-gauche ou d’extrême-droite (avec – mais ça s’est su plus tard dans les milieux non initiés – une bonne dose d’instrumentalisation par le gouvernement de l’éternelle DC, trop contente de tenir un prétexte pour s’attribuer des compétences exceptionnelles et défendre le pouvoir établi). Parmi les stragi les plus sanglantes, celle de Bologne en 1980. La gare centrale est soufflée par une déflagration d’une puissance inouïe. On compte les morts par dizaines.

La justice émet un mandat d’arrêt envers Adinolfi, militant d’extrême-droite – disons même fachich’, puisque dans ces années là la filiation avec le Ventennio est évidente et assumée -, fondateur du mouvement Terza posizione (la troisième position, en référence au contexte et à la théorie politique). Le mandat concerne aussi vingt-cinq autres camarades, dont Roberto Fiore, fondateur et actuel président de Forza Nuova. Adinolfi prend la fuite malgré la libération durant l’année successive de tous ses camarades. Il faut croire qu’il a eu un pressentiment, puisque la mise hors-la-loi de la Troisième position l’eût conduit tout droit en cellule s’il n’avait filé.

C’est en France qu’il se réfugie. Vingt années passées à Paris: le temps que les faits qui lui étaient reprochés soient légalement proscrits. Il est rentré chez lui, à Rome, seulement depuis le début des années 2000.

Pardon pour cet incipit un peu long, mais je pense que c’était nécessaire pour situer le personnage et vous faire comprendre que ce n’est pas un type qu’on croise par hasard, un jour, dans un rassemblement politique quelconque. Ce bonhomme-là a vécu l’Histoire. En quelque sorte, il est l’Histoire.

Je ne sais pas s’il est réellement responsable de la mort de toutes ces personnes. D’aucuns affirment que la bombe a été posée sur demande de l’Etat italien avec le but de fomenter la terreur des Anni di Piombo (années de plomb). Sincèrement, je n’en sais rien – des historiens ont travaillé là-dessus des années durant et ne sont parvenus à aucune conclusion, alors vous pensez bien que ce n’est pas moi qui vais vous suggérer une piste. Toujours est-il qu’après la conférence j’ai eu l’occasion de parler avec Adinolfi et que la question était là: elle me brûlait les lèvres. “Bologne, c’était vous?”. Mais personne ne le lui demandera jamais, et c’est peut-être mieux comme ça. En cas de réponse affirmative, je n’aurais eu qu’à tourner les talons au grand dam de ma soif intellectuelle.

En substance, Adinolfi a expliqué sa vision du monde et a martelé la nécessité (ainsi que constaté implicitement le manque) d’esprit de synthèse dans les mouvements nationaux européens. L’esprit de synthèse, c’est penser le monde dialectiquement. C’est la Weltanschauung dont je parlais dans le premier post. Adinolfi a aussi fait une distinction importante entre tifosi (supporters) et héritiers en matière de politique. Toutes pensées critiques confondues – d’un extrême à l’autre, même si ça contredit un peu l’idée de penser par synthèses plutôt que par catégories -, si on prétend s’en approprier une, il faut être avant tout héritier. C’est-à-dire la porter en soi en tant que principe (presque kantien, ai-je envie de dire) d’action.  Car l’héritage doit être entendu uniquement comme carburant qui fait avancer la société sans qu’elle se défasse de son passé, sans lequel elle est perdue et court à sa perte. La tifoseria (l’être supporter) au contraire implique une vision passive de la réalité. On est là, on se dit marxiste ou vichyste ou que sais-je encore, mais on ne fait rien: on se contente d’applaudir ou de huer.

Toujours agir: voilà une maxime de vie à méditer, s’il en est. Et ça arrange bien les choses, en plus, parce que ça m’offre une transition parfaite: aux côtés d’Adinolfi est venu Gianluca Iannone, musicien du groupe Zetazeroalfa et leader de la Casa Pound à Rome, près de la gare de Termini.

Iannone n’est pas beaucoup intervenu car il ne parle pas le français et les interventions incessantes de l’interprète cassaient un peu le rythme des débats. Il a néanmoins et avec l’aide de deux vidéos expliqué à l’assistance française très hétéroclite ce que c’est que Casapound.

Casapound est en réalité l’agrégat de deux mots: casa (maison) et Pound (en hommage à Ezra Pound, écrivain/poète américain dont les livres ont été lus et continuent de l’être par les réacs de tout poil). En bref il s’agit d’un immeuble situé en plein centre de Rome qu’un groupe de militants a réquisitionné (un peu comme DAL dans la rue de la Banque, mais avec des finalités un peu différentes) pour pouvoir loger une centaine de familles italiennes (suivez mon regard) en difficulté.

Avec le temps la maison est devenue un lieu non seulement de réinsertion mais aussi et surtout un endroit convivial où l’on s’instruit et où on partage des valeurs et une conception de la vie. On lit et on pratique le sport à la Casapound.

D’autres types  d’action de Casapound (aujourd’hui mouvement à l’échelle nationale) ont aussi été présentés mais je ne vais pas vous ennuyer avec.

Le but de Iannone était double: d’un côté, montrer que la droite nationale (quel mots utiliser pour que le fliquage de la pensée n’ait pas raison de moi dès le troisième post?) possède un aspect social fondamental (un peu oublié en France, peut-être) venu tout droit du… socialisme, justement (mais le Duce ne dirigeait-il pas Avanti! avant les évènements de place Saint-Sépulcre en 1919?). Ensuite, faisant écho aux propos d’Adinolfi, Iannone en a appelé à une vision synthétique des choses (en bref: un coco peut aussi être un bon gars et faire, avec une solide formation, un bon camarade) et a recommandé de toujours agir. Plutôt que de rester à se tourner les pouces piangendo sul latte versato comme on dit en Italie il faut faire preuve de discipline, de rigueur et de joie de vivre pour faire avancer les choses dans le sens que l’on souhaite.

Je crois que la Casapound a relevé le défi et n’est pas prête de s’arrêter.