Ces derniers jours, les Forces du Bien se sont déchaînées.
Une vidéo d’aggression ultraviolente, tournée par les dispositifs de surveillance d’un bus de nuit il y a quelques mois, a relancé le débat - je note au passage que nous vivons dans une société de l’éternelle discussion où l’on cause de tout sans avoir, la plupart du temps, la moindre compétence sur le sujet qu’on prétend analyser – sur la sécurité dans les transports en commun.
Parallèlement à cela, la victime du lynchage s’émeut de ce que le film ait été récupéré par des fascistes de mon acabit criant haro et dénonçant l’énième attaque antifrançaise. Passons sur le fait que le bonhomme, lâche au possible et qui est entre autres choses un de mes cons-disciples, mériterait pour son masochisme d’avoir été battu jusqu’à ce que coma s’ensuive. Concentrons-nous plutôt sur le suc de la question, laquelle s’articule à mon sens en deux temps :
C’est un policier qui a publié l’enregistrement incriminé pour montrer à ses amis et concitoyens les conditions de travail des forces de l’odre en France aujourd’hui. Dostoïevski disait que c’est en observant la population carcérale d’une nation qu’on prend acte de son niveau civilisationnel. Force est de constater que le nôtre est tombé assez bas. Au-delà de ça, il faut remarquer deux choses. Je vous accorde que le policier n’était pas dans son droit lorsqu’il a choisi de rendre publique une pièce utilisée par la justice ; cependant je crois que s’il avait publié la vidéo après que l’affaire ait été jugée la réaction eût été la même, c’est-à-dire l’accusation du messager, de celui qui essaie de se faire porteur de vérité en se moquant du politiquement correct. C’est un schéma qui ne date pas d’hier : dans la Grèce antique déjà on tuait les porteurs de mauvaises nouvelles. En fait, dans notre système politique, il ne faut surtout pas dire le vrai ni faire partie des justes sous peine d’être immédiatement mis au ban, voire d’être sanctionné. C’est en vertu de ce principe duquel on pourrait tirer un théorème que la droite nationale est stigmatisée depuis plus de trente ans lorsqu’elle dénonce les méfaits de l’immigration extra-européenne de masse. Tout va mal en somme, mais il ne faut surtout pas le dire, il faut se bercer dans l’illusion d’un monde pacifié. C’est, je le crois, la prérogative des émasculés de gauche de vouloir maquiller la réalité plutôt que de l’affronter.
Remarquons ensuite qu’en tergiversant ainsi sur l’hypothétique faute – et même, horreur, sur l’hypothétique racisme – du pauvre membre de la maréchaussée on oublie l’aspect réel de cette histoire: la responsabilité. En effet, dans un Etat de droit, ni une ni deux les zoulous qui ont perpétré cette odieuse attaque se seraient retrouvés devant un tribunal – qui rappelons-le rend la justice et dit le droit au nom du Peuple français ! -, auraient été jugés et conséquemment condamnés. Mais pas chez nous, pas en Absurdistan français. Car voyez-vous, les zoulous en question ont des circonstances atténuantes telles que même l’aggressé ne trouve rien de mieux à faire que de les absoudre, voire de dire que les vraies victimes, ce sont les bourreaux. Le syndrôme de Stockholm dans toute sa splendeur : évidemment ces pauvres jeunes sont allogènes, évidemment les méchants FDS racistes les discriminent, évidemment ils ont grandi dans un “milieu social défavorisé” (copyright G. Orwell, racheté par la Halde), évidemment ils sont innocents. Et puis finalement, le passage à tabac n’était pas si grave, non? Si même le machiniste n’a pratiquement pas bronché (“Arrêtez, c’est bon”, disait-il comme s’il s’adressait à trois petits angelots en train de se disputer le dernier petit beurre du goûter).
Dans un Etat de droit, disais-je, on eût fermement condamné le geste de ces moules à gaufres, ils eussent été placés dans quelques centre de ré-éducation puis peut-être, et j’insiste sur le peut-être, auraient-ils pu mener une vie normale et honnête.
En condamnant les mauvaises personnes, en se flagellant continuellement, en incitant à la lâcheté et en préférant le non-dit à l’éclat un peu douloureux de la vérité, la France a choisi son camp : celui d’Etat où la tolérance est érigée en divinité païenne à idolâtrer, où le Bien et le Mal n’existent pas car par essence discriminants.
L’odieuse vidéo est visible en cherchant bien sur le net. Je vous conseille de passer par chez François pour une analyse un peu plus poussée des faits.